Textes et poèmes
JE T'AIME MOI NON PLUS
Le jeu de l'amour et du non-amour
Quand je t'ai rencontré c'était comme un jour de Noël, moment étrange et merveilleux, ou ces instants de bonheur bien plus grands que mon passé, volaient sur le fil de ma vie. J'étais envahi par cette euphorie indescriptible, balayant comme par magie mes soucis et mes peines, en me rendant capable de soulever des montagnes.
Je me sentais à ce moment là porté vers toi, et même si tu n'étais qu'un simple espoir, tu étais déjà, sans que je m'en aperçoive, comme une force invisible dans ma vie quotidienne, simplement parce que tu existais! Je pensais alors que tu m'estimais beaucoup... Et même qu'il y avait une forte probabilité pour que l'on s'aiment, un peu, beaucoup, passionnément, à la folie...
Mais c'était sans compter avec cette soif qui court, de rêves et d'espoirs, d'aventures inassouvies, accrochée à cette folie de communication virtuelle dans l'air du temps, qui nous berce de ses illusions, en nous volant définitivement nos plus belles années de bonheur et de vie à deux.
Les jours s'en sont allés, et la neige a fondu au soleil d'hiver comme les plus beaux rêves, dans l'attente d'un nouveau printemps, qui ne viendra peut-être jamais... Le temps est passé par là, et pour toi comme pour moi de nouvelles illusions sont venues chasser les précédentes.
Je t'imagine toujours à la recherche d'un autre paradis, à coup sûr tout aussi illusoire que celui que tu m'as offert, et je ne sais trouver les mots pour te dire combien tu as raison, même si sur le fond tu as tort, parce que le temps te l'apprendra.
Je suis bien incapable de ne pas souffrir d'un semblant d'amour, autant que de l'amour non dit, et non abouti.
Quoiqu'il en soit, je prends soin de ton bonheur qui à mes yeux vaut plus que tout, même si je me pose jour après jour cette ultime question: que valent aujourd'hui nos deux vies, et que valent mes jours sans toi?
C'est bien le propre des illusions d'être ainsi changeantes et attirantes, de nous porter d'un jour à l'autre parce qu'il faut bien vivre, jusqu'à nous apprendre le saut de l'ange pour saisir au vol quelques bribes de bonheur, qui passent furtivement comme des mirages...
Mais doucement, insensiblement, le temps fait son oeuvre et nous rattrape plus vite que nos envies, jusqu'à ne plus avoir envie, jusqu'à nous rendre vieux, bien incapable d'aimer et d'être aimé.
Puisse ces quelques mots nous enlever définitivement l'envie de jouer à "je t'aime moi non plus", ce jeu cruel et stupide de l'amour et du non-amour.
(AM, le 18/6/2011)