Textes et poèmes
MON BONHEUR ANIMAL
TINA UNCHAINED
(1/6/2002-22/8/2011)
Ou es tu mon bonheur animal?
Ma déchirure qui me fait si mal!
Tu es partie belle comme un éclair,
Aussi chère qu'un lambeau de ma chair.
Tu vivais dans le sang de mes veines,
Toujours là pour consoler mes peines.
Elles étaient tellement lourdes à porter,
Que j'en ai oublié les années.
Nous faisions souvent les mêmes gestes,
Et tes yeux complices faisaient le reste.
Même si tu étais la plus agile,
Je te ressentais tellement fragile!
Tu avais la vraie intelligence,
De la beauté et de l'élégance,
Avec ce regard sauvage qui blesse,
Par sa douceur et sa gentillesse.
Du matin clair à la fin du jour,
Tu prodiguais la joie et l'amour.
Le destin cruel t'a emporté.
Orphelin de toi tu m'as laissé.
Dans la félicité d'une vie trop courte,
Ton soleil illuminait ma route.
Il me manque tant de mots pour te dire,
Combien tu étais mon vrai sourire.
Merci Tina pour ce bonheur de toi!
(AM, le 22 Aout 2011)
ELLE ETAIT...
Elle était "mon autre enfant", mon adorable petite chienne, handicapée par la parole qui lui manquait, ce qui la rendait sans doute fragile et vulnérable à mes yeux, et peut-être davantage digne d'attention de ma part.
Sa gourmandise de la vie était sans limite, autant que son amour!
Elle était l'expression même de la douceur et de la tendresse. Je caressais souvent son visage et sa petite tête recouverte de poils si doux. Mes baisers sur son front soyeux n'avaient d'autre intention que de la protéger, comme si sa vie dépendait de moi.
Quel que soit l'endroit, elle remplissait l'espace de joie par sa présence et sa beauté, sa démarche élégante et agile, avec ses petites pattes blanches et sa queue en panache qui ondulait quand elle marchait.
Elle aimait le changement et les balades en ville, les voyages en voiture, avec son doudou qu'elle mordillait et suçait durant des heures.
Elle aimait jouer courir et sauter devant moi, en sachant que je l'admirais pour son agilité.
Elle aimait aussi me mordiller sans jamais me mordre, jusqu'à attraper ma main au vol, et ce petit jeu un peu dangereux était entre nous le témoignage d'une confiance réciproque.
Son petit corps animal avait la fragilité d'un enfant, et c'était un plaisir délicat de la tenir dans mes bras serrée tout contre moi. Ses yeux intelligents étaient remplis de malice, ce qui ne l'empêchait pas de temps à autre de me jeter des regards attendrissants.
Quand je lui parlais elle me regardait fixement et m'écoutait avec attention, puis venait toujours vers moi, ce qu'elle a voulu faire jusqu'à son dernier souffle.
Je sais combien elle avait peur de mon absence, et combien elle était perdue sans moi, autant que je paniquais moi-même quand tout à coup je ne savais plus ou elle était. Quand je partais j'avais le coeur déchiré de l'abandonner, mais nos retrouvailles étaient des moments de fête extraordinaires, ou elle bondissait toute essoufflée avec le coeur rempli d'émotion durant un long moment.
La nature faisait corps avec elle, et elle aimait s'abandonner et ressentir la chaleur des rayons du soleil sur son corps tout entier, autant que la douceur du vent qui jouait avec ses poils sur sa petite tête douce, mais aussi s'étendre le museau sur le sol, pour goûter à la fraîcheur du soir au clair de lune.
Elle pressentait toutes mes envies, et me précédait souvent dans mes moindre mouvements, mais en même temps elle avait la délicatesse de ne jamais me déranger quand j'étais occupé.
Elle était très avenante et ne connaissant pas le mal. Elle allait communiquer immédiatement sa joie à toute personne connue ou inconnue sans distinction, et elle manifestait son mécontentement quand quelqu'un qu'elle aimait s'en allait.
Certes elle était mon autre enfant, mais elle était aussi "mon exhausteur de vie" dans ma prise de conscience du monde, et un puissant "exaltateur de bonheur", en m'aidant à réveiller ce qui était au fond de moi dans un partage des plaisirs de la vie.
Si elle avait su parler, elle m'aurait dit que la vraie beauté était dans ces petites choses de rien , dans l'innocence d'une attitude ou d'un regard, dans la spontanéité et la simplicité d'un bon moment qui respire le bonheur.
Si elle avait su parler, elle m'aurait dit que les bonnes choses de la vie étaient incontournables, et que la gourmandise et la convivialité y avaient toute leur place.
Si elle avait su parler, elle m'aurait dit que l'amour s'exprimait par la sensualité, et que le bonheur s'exprimait par des gestes forts, sans mesure, et parfois dans la démesure.
Si elle avait su parler, elle m'aurait dit que la vie était belle comme un sourire, qu'elle et moi nous ne pourrions jamais mourir, que les vrais sentiments n'étaient pas éphémères, et que la vie n'avait de valeur que par l'amour que l'on pouvait se donner l'un à l'autre.
(AM, le 26 Août 2011)